Gueule d’empeigne

"J’en entends qui murmur’nt pleins d’morgue : Quoi qu’i nous veut, c’macchabé’là ? Pour sûr qu’il arrive de la morgue Avec la gueul’ d’empeign’ que v’là !" (1)

... fendue sur les dents...

"Gueule d’empeigne : Sale gueule, ivrogne. Expression à l’origine incertaine, l’empeigne (le dessus) d’une chaussure n’ayant en elle-même rien de déplaisant. On peut toutefois penser à une vieille chaussure dont l’empeigne décollée rappellerait un visage repoussant, à la "gueule" fendue sur les "dents"." (2)

Avoir une gueule à puer des pieds !

On pense surtout à l’odeur, au bien- fondé de l’expression "avoir une gueule à puer des pieds". On dit bien chanter comme un pied, avoir la gueule de bois ou une gueule en coin de rue... Etranges expressions pour redécouvrir une anatomie bizarre : de la tête aux pieds un souffle passe et on se met à regarder ses pompes comme si elles allaient parler. Vieilles tatanes aux babines retroussées toutes prêtes à s’insurger : "Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?!"

Marche à l’ombre...

Billes de clowns, drôles de tronches, drôles de mots... Soudain on comprend mieux la magie des images et du langage, de ces formules authentiques qui ont bourlingué jusqu’à nous. Des chaussures qui "engueulent le trottoir" aux "traîne-savates" qui "marchent à l’ombre", une silhouette s’impose, force le passage et met les pieds dans le plat pour affirmer son existence.

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Marie-Hélène Branciard - Planète Spook N°2 - Novembre 1996

 


(1)Th. Botrel - Montmartre et ses chansons

(2) Cellard J. Dictionnaire du français non conventionnel.










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