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Miracles
à la pelle
Le Salé, journal satirique et politique
7 mars 1896
Cancers,
tumeurs, squirres, ulcères guéris radicalement,
sans nulle opération. Le spécialiste Jamin est fixé
à Dijon, après 40 ans de domicile dans l'Yonne,
auteur d'un sirop végétal régénérateur
du sang, garantit ses cures, reçoit à son domicile
tous les dimanches.

Un
chant d'alouette au foyer...
Nouvelle Bourgogne, 15 octobre 1896
Cest
un beau don de la nature qu'une belle voix. Ecoutez bien, hommes
à la voix dure, femmes au timbre criard, et suivez un bon
conseil. Si vous êtes né avec une voix douce, gardez-la
comme la prunelle de vos yeux ; si vous avez reçu en naissant
un dur organe, essayez de l'assouplir. Une voix douce, cest
un chant d'alouette au foyer, cest au coeur ce que la lumière
est à l'oeil. Il nest pas pour la femme de qualité
plus charmante, ô vous toutes qui me lisez et méditez
le vieux proverbe : "Cest le ton qui fait la chanson."
Il faut toujours qu'une femme parle avec douceur, avec tendresse
à son mari, à ses enfants, à tous. Si elle
a des observations à faire : s'il lui faut gronder, ce
sera encore d'un accent où l'on sente l'affection sous
la tristesse et l'étonnement. A vous que la nature na
pas gratifiées de la beauté qui séduit ou
triomphe, mais auxquelles elle a donné le coeur, une grâce
native et une douce voix, laissez-moi dire : ne désespérez
point de plaire.

Amours
intéressées
Le Salé, journal satirique et politique
8 février 1896
Une
jeune veuve sans enfant, possédant 100 000 francs désirerait
contracter mariage avec Monsieur, possédant un peu de fortune
ou bonne situation.

Vocabulaire exotique !
La Dépêche de Côte d'Or, 6 septembre 1896
Je
veux répondre ici à une remarque qu'on ma
faite fréquemment : pourquoi football, pourquoi racing,
pourquoi match, scratch, handicap et tout ce vocabulaire exotique
? Ne pourrait-on trouver des mots français ? Certainement
on en trouverait. Mais à quoi bon chercher des mots quand
on en a de tout faits. Le mot racing vous chiffonne ? le mot club
vous gêne, soit il y a des mots français et racing
club devient société de pédestriannisme.
Vous avez ainsi un alexandrin complet auquel Boileau ne trouverait
rien à reprendre mais qui mettrait certainement en fuite
les neuf Muses...

Plus
de bossus
Le Bien Public - 17 Janvier 1897
Plus
de rage, plus de poitrinaires, plus de peste et bientôt
plus de bossus ! Cette fin de siècle tant calomniée
marquera certainement dans l'histoire du monde. Après avoir
commencé par une épopée, héroïque
chevauchée à travers l'Europe, le XIXème
siècle finira par l'apothéose de la science qui,
en touchant à tout, aura tout réformé. A
ce propos, le Dr Calot de Berck a beaucoup intéressé
l'Académie des Sciences de Médecine lui soumettant
ses moyens de guérir la gibbosité qui résulte
de l'affection osseuse, appelée "mal de Pott" et qui est
si fréquente chez les enfants rachitiques et malingres...

Pâtedure
dans le pétrin...
Le Petit Dijonnais - 2 octobre 1897
Lettre
ouverte à Monsieur le Maire de Dijon Monsieur le Maire,
Permettez à un pauvre petit boulanger de protester contre
la situation de premier ordre que vous faites à la société
qui va être créée pour exploiter les bains
municipaux. Laver les indigents, cest bien ! Les nourrir,
cest mieux ! Ils auront ainsi du pain et de l'eau. Vous
figurez-vous une pauvre mère de famille revenant du bureau
de bienfaisance dans la triste chambre où l'attendent 5
ou 6 mioches affamés qui aspirent après la miche
de la charité publique et leur apportant à la place...
des cachets de bain ! Voyez-vous les yeux des petits se remplir
de larmes ? "Mère, il ny a donc plus de pain
pour nous , Non, mes enfants, il ny a plus que des cachets
de bain. Si vous avez faim, prenez un bain." En vérité
Monsieur le Maire, avez-vous bien réfléchi ? Avez-vous
songé que la grasse subvention que vous avez allouée
à la société des Bains irait grossir les
poches de quelques capitalistes ? Cest pourquoi je me permettrai
de vous présenter un pauvre petit négociant besogneux
- moi, Isidore Pâtedure - qui suis à la veille de
la faillite, et qui, pour conjurer cette catastrophe, vous prie
instamment d'augmenter vos fournitures de pain aux pauvres et
de me les confier. Arrière les baignoires ! Place au pétrin
! Signé : Isidore Pâtedure - 4, rue du Pétrin
à Dijon.

Chien
perdu...
Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897
Nous
avons reçu, avec prière d'insérer, la réclamation
suivante dont nous respectons la rédaction : "Il a
été perdu un chien au poil ras et à la queue
longue de la place Darcy jusqu'à la place d'Armes."
Mince alors ! Il ne sera pas difficile à retrouver celui-là
!

Etat
sanitaire de Dijon
Le Bien Public - 6 Janvier 1897
Etat sanitaire de Dijon au mois de Décembre 1896 : population
65 428 habitants.
Causes de décès :
Scarlatine : 1
Coqueluche :1
Phtisie pulmonaire : 10
Ramollissement cérébral : 1
Débilité congénitale : 1
Sénilité : 6
Autres morts violentes : 1

La
foire aux baisers
Le Bien Public, 5
Janvier 1897
New-York
: Mlle Carie Osler, habitant les environs de Nile (Michigan) avait,
au moment des élections présidentielles, fait un petit
pari avec son fiancé, auquel elle avait promis un millier
de baisers si Bryan était battu par le candidat républicain.
On sait quel a été le sort du candidat argentiste.
Il ne restait donc plus à Mlle Carie qu'à s'exécuter
et elle l'a fait avec la meilleure grâce du monde. Mais on
comprend sans peine que l'amoureux, aussi agréable que pût
être pour lui le paiement d'une pareille dette, ne pouvait
en conscience exiger que la perdante s'acquittât en une seule
fois, et peut-être aussi pour faire durer le plaisir, il avait
été convenu entre les deux jeunes gens que chaque
jour, Mlle Carie donnerait un acompte sur le montant du pari. Les
choses marchaient à merveille et le moment approchait où
le pari allait être complètement payé, quand
soudain une discussion s'est élevée entre les deux
fiancés à propos du nombre de baisers donnés
et reçus. Mlle Carie qui prétend avoir tenu sa comptabilité
avec le plus grand soin, accusait un chiffre beaucoup plus élevé
que celui enregistré par son heureux adversaire. Ni l'un
ni l'autre ne voulant céder, et pour cause, il a été
question de faire une expertise. Mais allez donc vérifier
des paiements opérés en une monnaie aussi légère
que des baisers. On parle aujourd'hui de déclarer qu'il n'y
a rien de fait et de tout recommencer. Ce n'est pas le jeune homme
qui s'en plaindra, assurément.

Caractère
de cochon
Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897
Savez-vous
quel est le comble de l'inhabileté pour un imprimeur ?
Arriver dans une ville avec un mauvais caractère et faire
mauvaise impression !

Chasse au Bon Dieu
Le Petit Dijonnais - 17 février 1898
Un
habitant de Vernon, M. X., se faisait déjà remarquer
depuis longtemps pour ses excentricités. Avant hier, vers
4 heures, X., qui est un chasseur enragé, sortait de chez
lui tel un Tartarin allant à l'affût du lion, armé
jusqu'aux dents : fusil de chasse avec gibecière et cartouchière
garnie, fusil avec baïonnette au canon, pistolets, revolver,
hache d'abordage, sabre-baïonnette, rien ny manquait.
Son but était de faire la chasse au "Bon Dieu de Vernon".
Aussi, se rendant directement à l'église Notre-Dame,
à peu près déserte à ce moment là,
il mit en joue le Christ du maître-autel après l'avoir
interpellé sur sa nationalité et, de deux coups
de fusil, il le décapita. Désormais satisfait puisque,
comme il le disait, "le Bon Dieu de Vernon était mort",
il se disposa à rentrer, suivi, est-il besoin de le dire,
par une foule nombreuse. La gendarmerie, prévenue, le désarma
par surprise au moment où il arrivait chez lui, puis il
fut conduit au bureau du commissariat de police et, de là,
à l'hospice où, après l'avoir revêtu
sans trop de difficulté de la camisole de force, on le
garda en attendant un examen approfondi de son état mental.

l'hérédite
de la folie
Le Bien Public - 5 Janvier 1897
Se
basant sur l'étude de 1039 cas observés dans l'asile
du Comté d'Essex (en Angleterre), M. John Turner donne
dans le fameux Journal of Mental Science, les chiffres suivants
:406
pères aliénés ont eu 117 fils et 138 filles
atteints d'aliénation, tandis que 236 mères aliénées
ont transmis la maladie à 113 fils et à 182 filles.
D'après ces résultats, les filles semblent surtout
souffrir de la folie de leurs parents et la folie du père
paraît être plus fréquemment héréditaire.
Ainsi, se trouve confirmée la loi d'hérédité
de Darwin, d'après laquelle les caractéristiques
paternelles sont plutôt transmissibles à la descendance
mâle et les caractéristiques maternelles à
la descendance femelle.

Une
étrange histoire
Le Bien Public - 10 Janvier 1897
Une
femme bien mise s'est présentée hier devant le South
Western Court à Londres et a déposé plainte
pour crime de bigamie contre son mari. Elle a raconté que
ce dernier avait un frère jumeau qui lui ressemblait si
exactement qu'elle a vécu successivement avec les deux
sans pouvoir les distinguer. Depuis, le mari véritable
a épousé la tante de sa femme et celle-ci ressemblait
si parfaitement à sa nièce qu'elle a pu passer pour
elle sans exciter la méfiance de personne. Le magistrat
a déclaré qu'il s'agissait là d'un cas véritablement
extraordinaire.... et qu'une enquête était nécessaire
avant qu'il pût lancer un mandat.
Objets
perdus
Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897
Il a été perdu
dans les environs de lhôtel de ville, une conscience
élastique, prière de la rapporter au plus vite à
la mairerie, le possesseur en est très privé ne
pouvant plus sasseoir dessus.

Rude
manchot...
Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897
Que faire pour chauffer la
ville de Dijon pendant tout lhiver ? Casser les bras à
la statue de Rude, et les dijonnais auront Rude manchot !

Bourgeois
parasites
Le Rappel des Travailleurs - 17 janvier 1897
Le bulletin
de la ville de Paris indique que chaque habitant a consommé
en moyenne 146 kilos de pain, 71 kilos de viande, 8 kilos 375
de beurre, 2 kilos 765 de fromage, 3 kilos 554 d'huîtres,
11 kilos 086 de poissons, 11 kilos 495 de volaille ou gibier,
0 kilo 652 de pâtés ou terrines truffées,
201 oeufs, 7 kilos 267 de sel, 204 litres de vin, 7 litres 34
d'alcool, etc.
Etant donné qu'une bonne partie de
la population mange seulement du pain, des pommes de terre, de
la charcuterie et boit de l'eau, nous pouvons en conclure hardiment
que si beaucoup meurent de faim, il y a un certain nombre de bourgeois
parasites qui vivent dans un état d'indigestion perpétuel,
dans le seul but de détruire le plus possible d'aliments
qui pourraient nourrir des familles entières.

Les
chiens aboient, la bicyclette...
Le Progrès de Côte dOr 13 juillet 1897
Cest assez logique : on a voulu utiliser la bicyclette dans
larmée. Voilà paraît-il quà
la bicyclette on oppose son ennemi naturel : le chien. Cest
en Allemagne que lon a songé dabord à
utiliser cette inimitié bien connue. Tous les jours, sur
le champ de manoeuvres de Berlin, on peut voir de ces gros chiens
danois exercés à lattaque de bicyclistes isolés
ou de compagnies de bicyclettes.
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