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Les rubriques de Planète Spook

 

Un pauvre bougre qui se fait "chouriner" rue du Chapeau rouge, un savant fou, un singe qui grille une impératrice, un canasson brusquement pris d'une gaieté folâtre ou un prélat saoul comme une bourrique : voilà, entre autres, ce que vous réserve cette revue de presse du siècle dernier. Autant d'infos marrantes, absurdes, déroutantes ou tout simplement intéressantes pour vous changer les idées. De 1896 à 1899, Planète Spook prend la mesure du temps.

En direct du siècle dernier, cette revue de presse illustrée est constituée grâce aux journaux locaux des «années délires» (1896, 1897, 1898...) : Le Guetteur, Le Progrès de la Côte d'Or, Le Bourguignon Salé, La dépèche de Côte d'Or, Nouvelle Bourgogne, Le Rappel des Travailleurs...

Attention pavés !

L'égalitaire - 25 Mars 1899

Bonne nouvelle pour les cyclistes. l'ad-mi-nis-tra-tion se décide à remplacer les pavés de la place St Etienne. A quand le tour de la rue de Lamonnoye, Jeannin et les autres ?"

 

Salubre ou pas ?

Le Progrès de la Côte d'Or du 2 oct. 1896

Comment peut-on reconnaître si un logement est sain ou non ? Pour reconnaître si un logement est insalubre, prenez 30 grammes de chaux éteinte à l'air et séchée au four. Etalez la chaux sur une assiette exposée pendant 15 heures dans le local suspect. Le matin, prenez cette chaux, et si le poids est augmenté de plus d'1 gramme, le logement n’est pas habitable.

 

Drame rue du Chapeau rouge !

Le Guetteur - 25 Mars 1899

Quand pourra-t-on passer rue de la Liberté après 9 heures du soir, sans risquer de se faire chouriner ? Samedi dernier, un pauvre bougre a reçu un coup de couteau à neuf heure et quart en passant près de la rue du Chapeau-Rouge. Il ne demandait cependant pas à voir la couleur de son sang.

 

Vaincre le somnambulisme

La Dépêche de Côte d'Or - 2 septembre 1896


Un savant professeur de Florence a découvert que si le somnambule, en montant dans son lit, s'entoure la jambe d'un fil de cuivre et laisse ce fil pendre sur le plancher, cela l'empêchera de se livrer à son passe-temps favori. Il explique ce résultat par de banales raisons sur l'électricité. Il est difficile de comprendre comment des êtres aussi sensitifs comme les somnambules peuvent supporter un fil de métal entourant leur jambe, cela serait très gênant même pour un dormeur ordinaire.... Il y a des analogies entre le somnambulisme et le cauchemar qui ont les mêmes causes et contre lesquels on peut employer les mêmes précautions préventives. Les troubles de la digestion peuvent les produire et un lit dur les guérir. Nous sommes convaincus que le fil de cuivre serait aussi efficace pour l'un que pour l'autre. Peut-être qu'une corde goudronnée ferait le même effet. Ou bien le malade pourrait-il garder ses souliers au lit ?

 

Conscrits illettrés

La Dépêche de Côte d'Or - 4 septembre 1896


Les journaux allemands publient les chiffres suivants qui hélas, ne sont pas à notre honneur.... La proportion d'illettrés est à Paris de 1,07 pour cent, c’est-à-dire 7 fois plus que la proportion constatée en Allemagne. Puissent ces chiffres comporter une leçon et stimuler l'ardeur de ceux qui estiment que c’est surtout par l'instruction du peuple que la France arrivera à son complet relèvement.

 

Le singe et l'Impératrice...

Le Cri-Cri Bourguignon - 6 décembre 1896


Notre confrère le Bourguignon Salé de cette semaine, relève l'impair fait par le supplément du Petit Journal en mettant en parallèle, sous le titre "Nos hôtes", l'impératrice d'Autriche et un singe reçu au jardin d'acclimatation...

 

Prélat rebelle

Le Bourguignon Salé - 11 avril 1896


Jeudi prochain comparaîtra, pour ivresse et outrage aux agents, le nommé Auguste Roquencourt, chanoine titulaire de Carthage, ex-secrétaire du cardinal Lavigerie. Saoûl comme une bourrique, ou plutôt comme une barrique, il a été ramassé le 11 mars dernier place de l'Arc de Triomphe et a injurié les sergents de ville qui guidaient jusqu'au violon ses pas ecclésiastiques et chancelants.

 

Cannasson électrique

Le Salé, journal satirique et politique - 20 juin 1896


Un cheval déambulait tristement rue du Pont des Tanneries, quand soudain il fut pris d'une gaieté folâtre, il se mit à gambader et la scène aurait été fort amusante si ces ébats ne s'étaient terminés par une chute misérable. Quelle est la cause de l'une et l'autre de ces excentricités ? Simplement la compagnie des tramways qui, dans sa magnificence, veut électriser toute la population dijonnaise à l'oeil. Un fil souterrain passe rue du Pont des Tanneries et il a été placé dans de telles conditions que parfois ceux qui s'y hasardent peuvent se livrer malgré eux à une sarabande effrénée par suite d'une électrocution spontanée.

 

Miracles à la pelle

Le Salé, journal satirique et politique - 7 mars 1896

Cancers, tumeurs, squirres, ulcères guéris radicalement, sans nulle opération. Le spécialiste Jamin est fixé à Dijon, après 40 ans de domicile dans l'Yonne, auteur d'un sirop végétal régénérateur du sang, garantit ses cures, reçoit à son domicile tous les dimanches.

 

Un chant d'alouette au foyer...

Nouvelle Bourgogne - 15 octobre 1896


C’est un beau don de la nature qu'une belle voix. Ecoutez bien, hommes à la voix dure, femmes au timbre criard, et suivez un bon conseil. Si vous êtes né avec une voix douce, gardez-la comme la prunelle de vos yeux ; si vous avez reçu en naissant un dur organe, essayez de l'assouplir. Une voix douce, c’est un chant d'alouette au foyer, c’est au coeur ce que la lumière est à l'oeil. Il n’est pas pour la femme de qualité plus charmante, ô vous toutes qui me lisez et méditez le vieux proverbe : "C’est le ton qui fait la chanson." Il faut toujours qu'une femme parle avec douceur, avec tendresse à son mari, à ses enfants, à tous. Si elle a des observations à faire : s'il lui faut gronder, ce sera encore d'un accent où l'on sente l'affection sous la tristesse et l'étonnement. A vous que la nature n’a pas gratifiées de la beauté qui séduit ou triomphe, mais auxquelles elle a donné le coeur, une grâce native et une douce voix, laissez-moi dire : ne désespérez point de plaire.

 

Amours intéressées

Le Salé, journal satirique et politique - 8 février 1896

Une jeune veuve sans enfant, possédant 100 000 francs désirerait contracter mariage avec Monsieur, possédant un peu de fortune ou bonne situation.

 

Vocabulaire exotique !

La Dépêche de Côte d'Or - 6 septembre 1896

Je veux répondre ici à une remarque qu'on m’a faite fréquemment : pourquoi football, pourquoi racing, pourquoi match, scratch, handicap et tout ce vocabulaire exotique ? Ne pourrait-on trouver des mots français ? Certainement on en trouverait. Mais à quoi bon chercher des mots quand on en a de tout faits. Le mot racing vous chiffonne ? le mot club vous gêne, soit il y a des mots français et racing club devient société de pédestriannisme. Vous avez ainsi un alexandrin complet auquel Boileau ne trouverait rien à reprendre mais qui mettrait certainement en fuite les neuf Muses...

 

Plus de bossus

Le Bien Public - 17 Janvier 1897


Plus de rage, plus de poitrinaires, plus de peste et bientôt plus de bossus ! Cette fin de siècle tant calomniée marquera certainement dans l'histoire du monde. Après avoir commencé par une épopée, héroïque chevauchée à travers l'Europe, le XIXème siècle finira par l'apothéose de la science qui, en touchant à tout, aura tout réformé. A ce propos, le Dr Calot de Berck a beaucoup intéressé l'Académie des Sciences de Médecine lui soumettant ses moyens de guérir la gibbosité qui résulte de l'affection osseuse, appelée "mal de Pott" et qui est si fréquente chez les enfants rachitiques et malingres...

 

Pâtedure dans le pétrin...

Le Petit Dijonnais - 2 octobre 1897


Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Dijon Monsieur le Maire, Permettez à un pauvre petit boulanger de protester contre la situation de premier ordre que vous faites à la société qui va être créée pour exploiter les bains municipaux. Laver les indigents, c’est bien ! Les nourrir, c’est mieux ! Ils auront ainsi du pain et de l'eau. Vous figurez-vous une pauvre mère de famille revenant du bureau de bienfaisance dans la triste chambre où l'attendent 5 ou 6 mioches affamés qui aspirent après la miche de la charité publique et leur apportant à la place... des cachets de bain ! Voyez-vous les yeux des petits se remplir de larmes ? "Mère, il n’y a donc plus de pain pour nous , Non, mes enfants, il n’y a plus que des cachets de bain. Si vous avez faim, prenez un bain." En vérité Monsieur le Maire, avez-vous bien réfléchi ? Avez-vous songé que la grasse subvention que vous avez allouée à la société des Bains irait grossir les poches de quelques capitalistes ? C’est pourquoi je me permettrai de vous présenter un pauvre petit négociant besogneux - moi, Isidore Pâtedure - qui suis à la veille de la faillite, et qui, pour conjurer cette catastrophe, vous prie instamment d'augmenter vos fournitures de pain aux pauvres et de me les confier. Arrière les baignoires ! Place au pétrin ! Signé : Isidore Pâtedure - 4, rue du Pétrin à Dijon.

 

Chien perdu...

Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897

Nous avons reçu, avec prière d'insérer, la réclamation suivante dont nous respectons la rédaction : "Il a été perdu un chien au poil ras et à la queue longue de la place Darcy jusqu'à la place d'Armes." Mince alors ! Il ne sera pas difficile à retrouver celui-là !

 

Etat sanitaire de Dijon

Le Bien Public - 6 Janvier 1897


Etat sanitaire de Dijon au mois de Décembre 1896 : population 65 428 habitants.

Causes de décès :
Scarlatine : 1
Coqueluche :1
Phtisie pulmonaire : 10
Ramollissement cérébral : 1
Débilité congénitale : 1
Sénilité : 6
Autres morts violentes : 1

 
La foire aux baisers

Le Bien Public, 5 Janvier 1897


New-York : Mlle Carie Osler, habitant les environs de Nile (Michigan) avait, au moment des élections présidentielles, fait un petit pari avec son fiancé, auquel elle avait promis un millier de baisers si Bryan était battu par le candidat républicain. On sait quel a été le sort du candidat argentiste. Il ne restait donc plus à Mlle Carie qu'à s'exécuter et elle l'a fait avec la meilleure grâce du monde. Mais on comprend sans peine que l'amoureux, aussi agréable que pût être pour lui le paiement d'une pareille dette, ne pouvait en conscience exiger que la perdante s'acquittât en une seule fois, et peut-être aussi pour faire durer le plaisir, il avait été convenu entre les deux jeunes gens que chaque jour, Mlle Carie donnerait un acompte sur le montant du pari. Les choses marchaient à merveille et le moment approchait où le pari allait être complètement payé, quand soudain une discussion s'est élevée entre les deux fiancés à propos du nombre de baisers donnés et reçus. Mlle Carie qui prétend avoir tenu sa comptabilité avec le plus grand soin, accusait un chiffre beaucoup plus élevé que celui enregistré par son heureux adversaire. Ni l'un ni l'autre ne voulant céder, et pour cause, il a été question de faire une expertise. Mais allez donc vérifier des paiements opérés en une monnaie aussi légère que des baisers. On parle aujourd'hui de déclarer qu'il n'y a rien de fait et de tout recommencer. Ce n'est pas le jeune homme qui s'en plaindra, assurément.

 

Caractère de cochon

Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897


Savez-vous quel est le comble de l'inhabileté pour un imprimeur ? Arriver dans une ville avec un mauvais caractère et faire mauvaise impression !

 

Chasse au Bon Dieu

Le Petit Dijonnais - 17 février 1898


Un habitant de Vernon, M. X., se faisait déjà remarquer depuis longtemps pour ses excentricités. Avant hier, vers 4 heures, X., qui est un chasseur enragé, sortait de chez lui tel un Tartarin allant à l'affût du lion, armé jusqu'aux dents : fusil de chasse avec gibecière et cartouchière garnie, fusil avec baïonnette au canon, pistolets, revolver, hache d'abordage, sabre-baïonnette, rien n’y manquait. Son but était de faire la chasse au "Bon Dieu de Vernon". Aussi, se rendant directement à l'église Notre-Dame, à peu près déserte à ce moment là, il mit en joue le Christ du maître-autel après l'avoir interpellé sur sa nationalité et, de deux coups de fusil, il le décapita. Désormais satisfait puisque, comme il le disait, "le Bon Dieu de Vernon était mort", il se disposa à rentrer, suivi, est-il besoin de le dire, par une foule nombreuse. La gendarmerie, prévenue, le désarma par surprise au moment où il arrivait chez lui, puis il fut conduit au bureau du commissariat de police et, de là, à l'hospice où, après l'avoir revêtu sans trop de difficulté de la camisole de force, on le garda en attendant un examen approfondi de son état mental.

 

l'hérédite de la folie

Le Bien Public - 5 Janvier 1897


Se basant sur l'étude de 1039 cas observés dans l'asile du Comté d'Essex (en Angleterre), M. John Turner donne dans le fameux Journal of Mental Science, les chiffres suivants :406 pères aliénés ont eu 117 fils et 138 filles atteints d'aliénation, tandis que 236 mères aliénées ont transmis la maladie à 113 fils et à 182 filles. D'après ces résultats, les filles semblent surtout souffrir de la folie de leurs parents et la folie du père paraît être plus fréquemment héréditaire. Ainsi, se trouve confirmée la loi d'hérédité de Darwin, d'après laquelle les caractéristiques paternelles sont plutôt transmissibles à la descendance mâle et les caractéristiques maternelles à la descendance femelle.

 

Une étrange histoire

Le Bien Public - 10 Janvier 1897


Une femme bien mise s'est présentée hier devant le South Western Court à Londres et a déposé plainte pour crime de bigamie contre son mari. Elle a raconté que ce dernier avait un frère jumeau qui lui ressemblait si exactement qu'elle a vécu successivement avec les deux sans pouvoir les distinguer. Depuis, le mari véritable a épousé la tante de sa femme et celle-ci ressemblait si parfaitement à sa nièce qu'elle a pu passer pour elle sans exciter la méfiance de personne. Le magistrat a déclaré qu'il s'agissait là d'un cas véritablement extraordinaire.... et qu'une enquête était nécessaire avant qu'il pût lancer un mandat.

 

Objets perdus

Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897


Il a été perdu dans les environs de l’hôtel de ville, une conscience élastique, prière de la rapporter au plus vite à la mairerie, le possesseur en est très privé ne pouvant plus s’asseoir dessus.

 

Rude manchot...

Le Petit Dijonnais - 16 octobre 1897


Que faire pour chauffer la ville de Dijon pendant tout l’hiver ? Casser les bras à la statue de Rude, et les dijonnais auront Rude manchot !

 

Bourgeois parasites

Le Rappel des Travailleurs - 17 janvier 1897


Le bulletin de la ville de Paris indique que chaque habitant a consommé en moyenne 146 kilos de pain, 71 kilos de viande, 8 kilos 375 de beurre, 2 kilos 765 de fromage, 3 kilos 554 d'huîtres, 11 kilos 086 de poissons, 11 kilos 495 de volaille ou gibier, 0 kilo 652 de pâtés ou terrines truffées, 201 oeufs, 7 kilos 267 de sel, 204 litres de vin, 7 litres 34 d'alcool, etc.
Etant donné qu'une bonne partie de la population mange seulement du pain, des pommes de terre, de la charcuterie et boit de l'eau, nous pouvons en conclure hardiment que si beaucoup meurent de faim, il y a un certain nombre de bourgeois parasites qui vivent dans un état d'indigestion perpétuel, dans le seul but de détruire le plus possible d'aliments qui pourraient nourrir des familles entières.

 

Les chiens aboient, la bicyclette...

Le Progrès de Côte d’Or 13 juillet 1897


C’est assez logique : on a voulu utiliser la bicyclette dans l’armée. Voilà paraît-il qu’à la bicyclette on oppose son ennemi naturel : le chien. C’est en Allemagne que l’on a songé d’abord à utiliser cette inimitié bien connue. Tous les jours, sur le champ de manoeuvres de Berlin, on peut voir de ces gros chiens danois exercés à l’attaque de bicyclistes isolés ou de compagnies de bicyclettes.

 

Cobayes en villégiature

Le Réveil Bourguignon - 16 mars 1897


Afin de mieux étudier l’influence des climats et des milieux sur les personnes atteintes de la tuberculose, la Faculté de médecine de Paris a inoculé cette terrifiante maladie à 300 cobayes de même poids, du même âge et de même sexe. Ceci fait, on a envoyé une partie de ces petites bêtes à la mer, une autre partie à la campagne, une troisième partie à la montagne, et enfin, un nombre égal a été gardé à Paris dans les salles mêmes de la Faculté. Chose étrange, les cobayes tuberculeux restés à Paris vivaient encore alors qu’on avait enregistré depuis longtemps le décès de leurs camarades partis en villégiature. Mais alors, nos médecins trompent les pauvres poitrinaires qu’ils envoient chaque année, à la campagne, aux bains de mer, aux eaux ou à l’ombre des pins !

 

Patriotes, veillez !

Le Petit Dijonnais - 18 décembre 1897


Il est certain que Dijon est infiltré par une bande d'espions à la solde de l'Allemagne. Nous connaissons aux environs de Dijon une charmante propriété qui a pour locataire un homme venant d'outre-Rhin en ligne droite. Cet homme arpente, arpente toujours ; il visite minutieusement les environs. Qui est-il ? D'où sort-il ? Patriotes, veillez !

 

On achève bien les morts

Le Progrès de Côte d’Or - 1er août 1897


Hanté par l’atroce peur d’être enterré vivant, un de nos fidèles lecteurs nous soumet l’idée que voici : " Après avoir constaté la probabilité de la mort, le médecin de l’état civil serait autorisé à ne délivrer le permis d’inhumer qu’après avoir administré au soi-disant défunt une copieuse dose de cyanure de potassium. Il n’existe pas de moyens infaillible de constater la mort, mais au moins, de cette façon tout un chacun serait assuré de n’être plus exposé à se réveiller avec un impénétrable édredon de six pieds de terre en travers de l’estomac ".

 

Les urinoirs

Le Petit Dijonnais - 13 novembre 1897

Autrefois il y en avait beaucoup, maintenant on en a supprimé un grand nombre. Pourquoi ? Mystère ! Serait-ce pour obliger les gens pressés à entrer prendre un verre chez le mastroquet le plus proche ; il y a tant de cafetiers parmi les ouvriers collectivistes que notre conseil doit certainement soutenir les intérêts de cette corporation. Par compensation on a construit quelques cabinets payants. C'est horrible ! Songez donc, un pauvre diable forcé de donner cinq centimes pour rendre les restes d'un petit pain d'un sou ! Allons, citoyen Thiolain, vous qui demandez le pain gratuit interpellez donc le Conseil pour demander que si l'on ne peut pas manger on puisse faire le contraire à l'oeil. Quand je dis à l'oeil, c'est une façon de parler n'est-ce pas.

 

Digitomancie...

Le Petit Bourguignon - 28 avril 1898

« Montre ton doigt, je te dirais qui tu es. » Le savant docteur Féré a communiqué à la société de biologie, une très curieuse et très intéressante découverte : l’empreinte des doigts de la main et même du pied, des différents individus, établit d’une façon à peu près concluante et précise le degré d’intelligence, de culture, en un mot, la personnalité intellectuelle de chacun.
Le docteur Féré a fait de nombreuses expériences sur des sujets très divers. Le doigt enduit d’encre appliqué sur une surface ronde comme celle d’un ballon d’enfant laisse une empreinte filigranée dont les petites lignes sont toute une révélation pour un oeil observateur et exercé.
Plus ces lignes sont nombreuses, détaillées, fines et délicates, plus le sujet est supérieur.
Ce petit jeu de salon, "la digitomancie", - un peu salissant mais pas très cher - va-t-il détrôner la graphologie et la chiromancie ?

 

Un chat artificiel

Le Petit bourguignon - 4 Janvier 1898


Un inventeur vient d’imaginer un chat artificiel. Pourquoi un chat artificiel ? est-ce que le chat naturel manque sur le marché ? Certes non. Mais il a des inconvénients que l’on peut, en le faisant artificiel, complètement supprimer, pour ne lui conserver que ses qualités, celles de faire la guerre aux rats et aux souris. Le chat, en chair et en os, laisse quelquefois dans les appartements un souvenir superflu de son passage, il est cruel pour les oiseaux et les détruit sans pitié, il vole la cuisinière, et enfin... il peut devenir enragé.Ce n’est plus le cas pour le chat artificiel. Il ne dérobe rien, il ne miaule jamais, il ne mange pas les petits oiseaux, il est fort propre et ne court jamais chez le voisin. Et cependant, il est aussi efficace que son congénère pour débarrasser une maison des souris. Qu’est ce que le chat artificiel ? C’est un animal en plâtre ou en terre glaise que l’on recouvre de la peau d’un vrai chat et qu’on laisse en société de chats pendant un certain temps. Après quoi, on barbouille ses yeux avec du sulfure de calcium pour les rendre phosphorescents la nuit. Alors, il suffit de déposer ce félin à la cave ou au grenier, partout où l’on redoute la venue des souris.L’inventeur affirme que les rongeurs, en apercevant les yeux flamboyants de leur ennemi héréditaire, en sentant la présence du chat, détalent au plus vite, et que, après quelques jours de ce manège, toutes les souris changent de demeures et émigrent au loin.Ce chat artificiel est vraiment un chef d’oeuvre d’ingéniosité, mais nous aimerions connaître aussi l’opinion des souris sur le nouveau chat de 1898.

 

Les musiciens

Le Réveil Bourguignon - 16 mai 18981


Le sous-lieutenant Jousseau, mort en 1815 à l’âge de 19 ans eut une vie brève mais parfumée et musicale. Il est à Versailles en 1811 et écrit à un ami : " Je suis toujours éveillé à 4 heures (du matin). On observe le plus grand silence mais en revanche on pète ! oh on pète! C’est une infamie ! songe donc, 50 jeunes gens bien remplis de haricots et de carottes qui ne font que se lâcher, quelle musique ! et quelle odeur ! "

 

Les musiciens (bis)

Le Réveil Bourguignon - 16 mai 18981


Il y avait dans l’assemblée un certain député du nom de Pétou, ce qui amena un jour le président à s’écrier : " Silence messieurs ! Il faut de toute nécessité que Monsieur Pét-ou-parle ! " Et l’assemblée prise d’un fou rire s’écria : "Qu’il parle ! Qu’il parle ! Nous aimons mieux cela !"

 

Tio, tio, holiha, holé !

Le Réveil Bourguignon du 10 octobre 1897


Ho ! Les beaux boeufs nourris par moi
Dans les étables de la ferme,
Tio, tio, holiha, holé !
Bons aux labours bons aux charroi,
Tirez bien droits, marchez bien ferme,
Tio, tio, hip !

 

Prestige de l’uniforme...

Le Rappel des Travailleurs - 28 mars 1898


Pourquoi Acot, notre garde champêtre, ne met-il plus son képi ? - Oui, nous nous demandons pourquoi Acot ne met plus son képi. Est-ce que la fumée des grandeurs lui aurait tourné la tête et en serait-il venu à dédaigner le couvre-chef de nos braves soldats ?Je serais plutôt porté à croire que, avec ses pattes de héron au long bec, emmanché d’un cou qui n’en finit plus, le tout surmonté d’un gigantesque képi, il ne craigne de ressembler par trop au héron du bon La fontaine, ou encore à un immense paratonnerre ! Quoi qu’il en soit, dès l’instant que M. Acot a un uniforme qui se borne à son képi, il me semble qu’il devrait l’endosser au moins les jours de fête nationale et au 18 décembre.Signé : Un des trois vauriens.

 

Mais que fait la Mission ?!

Le Réveil Bourguignon - 20 février 1898


Les Religions : (Recensement d’après l’Almanach Hachette)
Les Confucianistes sont environ 256 millions Les Catholiques sont environ 239.284.000
Les Brahmanistes sont environ 190.000.000
Les Mahométans sont environ 176.829.000
Les Bouddhistes sont environ 147.900.000
Les Protestants sont environ 146.912.000
Les Fétichistes sont environ 101.372.000
Les Grecs orthodoxes sont environ 89.196.000
Les Taoïstes sont environ 43.000.000
Les Shintoïstes sont environ 14.000.000
Les Juifs sont environ 6.656.000
Les inconnus sont environ 2.669.000

Si l’on réunit les Catholiques aux Protestants et aux Grecs, on voit qu’ils n’atteignent pas encore au tiers du chiffre total de la race humaine. Que font donc nos missionnaires ? On nous les peint si actifs, si convertisseurs ; il n’y parait guère.

 

Le retour de la 125ème Cie

Le rappel des travailleurs - 9 Janvier 1898

A Poitiers, à l’occasion du Réveillon, 3 soldats du 125ème ont essayé le petit outil qui leur pend au côté gauche, les uns sur les autres. Une main, une cuisse, et une tête ont subi des avaries.

 

Le mot de la faim...

Le Réveil Bourguignon - 8 février 1898


Connaissez-vous l’histoire de ce condamné à mort qu’on allait réveiller, pour la funèbre toilette, un matin de décembre ?" - Mon ami, lui dit le directeur de la prison, voulez-vous fumer une cigarette ? Boire ou manger quelque chose ? Ne vous gênez pas, demandez ce qui vous fera plaisir.- Eh bien ! répondit le pauvre diable, je voudrais bien des fraises des bois. "Et comme on lui faisait remarquer qu’il n’y avait pas de fraises à cette époque : " C’est bon, ajouta-t-il, j’attendrai ".

 

Ces gloutons de Gurgulions

Le Réveil Bourguignon - 5 mars 1898


Oui, ce doit être un très vieux sobriquet que ce mot de Gurgulion appliqué aux Bourguignons. (...) Luitprand, qui vécut un peu avant l’an mil, avait trouvé que les Burgondes ne s’appelaient pas Burgondes, mais Gurgulions, c’est-à-dire, des gloutons, des gouffres, des gens portés sur le trou du haut, au point que l’un d’entre eux désirait avoir un gosier allant de Dijon à Talant pour mieux savourer le bon vin. Il y aurait peut-être à faire des recherches à ce sujet ; mais, quoi qu’il arrive, crions sans honte : vivent les Gurgulions !

 

Pas si fous !

Le Bien du Peuple - 27 Mars 1898


Tous les peuples continuent à voir grandir leur population excepté la France, condamnée à un anéantissement prochain par la diminution volontaire des naissances. Les départements de France où la natalité est la moindre, sont aussi, par une juste punition, ceux où la proportion des aliénés est la plus grande. Le seul remède est dans la religion et aussi dans les impôts spéciaux sur les salaires des gens qui n’ont pas la charge de la famille, afin que ces derniers trouvent toujours de l’ouvrage.

 

Bien punie !

Le Bien du Peuple - 3 Avril 1898


Charlotte R, réprimandée dimanche soir par sa famille pour être rentrée tardivement de la fête qui se tient actuellement Place de l’hôpital et furieuse d’être privée d’y retourner danser, a ouvert sa fenêtre et est allée s’abattre de la hauteur du 3ème étage sur le pavé. Elle a été, sur l’avis d’un docteur, transportée d’urgence à l’hôpital dans un état désespéré. Élevez vos enfants laïquement !

 

Vivement dimoinge...

Le Réveil Bourguignon - 10 janvier 1898


« En août et en vendanges, il n’y a ni fêtes ni dimanches. » C’est-à-dire que pendant la moisson et les vendanges, on travaille tous les jours. le mot dimanche devait, à l’origine, rimer avec vendanges, et se prononcer dimange. Le Bourguignon dit encore dimainge et dimoinge. An aou, côme en venoinge,
Il n’y a fête ne dimoinge.

 

Cyclistes à la réforme

Le Bien du Peuple - 27 Mars 1898


Après avoir vanté avec ardeur les bienfaits de la bicyclette pour le développement des forces musculaires, voici que l’on apprend avec stupéfaction que les principaux professionnels du cyclisme, vainqueurs dans toutes les courses ont été jugés impropres au service militaire par les conseils de révision. L’usage de la bicyclette va-t-il dépeupler les casernes ?

 

Grave inconvénient !

Le Bien du Peuple - 20 Mars 1898

Il paraît que les nouvelles pièces de 0,50 francs ont un grave inconvénient. Ceux qui thésaurisent se sont aperçus qu’il était impossible de les empiler par suite de la suppression de la bordure. Les petites pièces glissent et s’éparpillent au grand désespoir des notables banquiers. Ils se sont plaints au Ministère des Finances. Cela rappellera à ceux qui en ont, que mieux vaut donner qu’entasser.

 

Encore une bavure...

Le rappel des travailleurs - 6 mars 1898


Mardi de la semaine dernière, je passais vers 11 heures du matin, lorsque des éclats de voix frappèrent mes oreilles ; curieux, j’écoutai. Dans une maison, deux époux se disputaient :

- Je te dis que je n’aime pas l’omelette baveuse !
- Tu n’en mangeras pas ?
- Non.
- Eh bien, vlan !

Et la dame qui tenait sans doute la poêle par la queue lança l’omelette par la fenêtre. A ce moment, passait un Monsieur grave, déjà âgé, un homme respectable enfin. J’avais remarqué que, malgré ses rides accusées au front, il avait de beaux cheveux. Tout à coup, l’omelette voltigeant en l’air, vint s’abattre sur la tête du Monsieur. Cris de surprise, naturellement. Les cheveux adaptés à l’omelette tombèrent sur le sol. Le Monsieur avait une perruque ! Il se précipita, mais trop tard. Un chien avait happé la perruque et le hors-d’œuvre et s’enfuyait avalant le tout. L’histoire a été dite dans tout le pays et il paraît qu’il y aura une rencontre entre le mari et la victime. On se battra à la perruque et à six pas !

 


Sélection des extraits et rédaction :
Emmanuel Amar, Marie-Hélène Branciard, Jean-François Gallet, Ludovic Maître et Dominique Valentin.


 


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