Un pauvre bougre qui se fait "chouriner" rue du Chapeau rouge, un savant fou, un singe qui grille une impératrice, un canasson brusquement pris d'une gaieté folâtre ou un prélat saoul comme une bourrique : voilà, entre autres, ce que vous réserve cette revue de presse du siècle dernier.

Autant d'infos marrantes, absurdes, déroutantes ou tout simplement intéressantes pour vous changer les idées. De 1896 à 1899, Planète Spook prend la mesure du temps.




Sep.
1997


N°8






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Attention pavés !
L'égalitaire - 25 Mars 1899

Bonne nouvelle pour les cyclistes. l'ad-mi-nis-tra-tion se décide à remplacer les pavés de la place St Etienne. A quand le tour de la rue de Lamonnoye, Jeannin et les autres ?"

Salubre ou pas ?
Le Progrès de la Côte d'Or du 2 oct. 1896

Comment peut-on reconnaître si un logement est sain ou non ? Pour reconnaître si un logement est insalubre, prenez 30 grammes de chaux éteinte à l'air et séchée au four. Etalez la chaux sur une assiette exposée pendant 15 heures dans le local suspect. Le matin, prenez cette chaux, et si le poids est augmenté de plus d'1 gramme, le logement n’est pas habitable.


Drame rue du Chapeau rouge !
Le Guetteur - 25 Mars 1899

Quand pourra-t-on passer rue de la Liberté après 9 heures du soir, sans risquer de se faire chouriner ? Samedi dernier, un pauvre bougre a reçu un coup de couteau à neuf heure et quart en passant près de la rue du Chapeau-Rouge. Il ne demandait cependant pas à voir la couleur de son sang.


Vaincre le somnambulisme
La Dépêche de Côte d'Or, 2 septembre 1896


Un savant professeur de Florence a découvert que si le somnambule, en montant dans son lit, s'entoure la jambe d'un fil de cuivre et laisse ce fil pendre sur le plancher, cela l'empêchera de se livrer à son passe-temps favori. Il explique ce résultat par de banales raisons sur l'électricité. Il est difficile de comprendre comment des êtres aussi sensitifs comme les somnambules peuvent supporter un fil de métal entourant leur jambe, cela serait très gênant même pour un dormeur ordinaire.... Il y a des analogies entre le somnambulisme et le cauchemar qui ont les mêmes causes et contre lesquels on peut employer les mêmes précautions préventives. Les troubles de la digestion peuvent les produire et un lit dur les guérir. Nous sommes convaincus que le fil de cuivre serait aussi efficace pour l'un que pour l'autre. Peut-être qu'une corde goudronnée ferait le même effet. Ou bien le malade pourrait-il garder ses souliers au lit ?

Conscrits illettrés
La Dépêche de Côte d'Or, 4 septembre 1896


Les journaux allemands publient les chiffres suivants qui hélas, ne sont pas à notre honneur.... La proportion d'illettrés est à Paris de 1,07 pour cent, c’est-à-dire 7 fois plus que la proportion constatée en Allemagne. Puissent ces chiffres comporter une leçon et stimuler l'ardeur de ceux qui estiment que c’est surtout par l'instruction du peuple que la France arrivera à son complet relèvement.

Le singe et l'Impératrice...
Le Cri-Cri Bourguignon, 6 décembre 1896


Notre confrère le Bourguignon Salé de cette semaine, relève l'impair fait par le supplément du Petit Journal en mettant en parallèle, sous le titre "Nos hôtes", l'impératrice d'Autriche et un singe reçu au jardin d'acclimatation...

Prélat rebelle
Le Bourguignon Salé 11 avril 1896


Jeudi prochain comparaîtra, pour ivresse et outrage aux agents, le nommé Auguste Roquencourt, chanoine titulaire de Carthage, ex-secrétaire du cardinal Lavigerie. Saoûl comme une bourrique, ou plutôt comme une barrique, il a été ramassé le 11 mars dernier place de l'Arc de Triomphe et a injurié les sergents de ville qui guidaient jusqu'au violon ses pas ecclésiastiques et chancelants.

Cannasson électrique
Le Salé, journal satirique et politique
20 juin 1896


Un cheval déambulait tristement rue du Pont des Tanneries, quand soudain il fut pris d'une gaieté folâtre, il se mit à gambader et la scène aurait été fort amusante si ces ébats ne s'étaient terminés par une chute misérable. Quelle est la cause de l'une et l'autre de ces excentricités ? Simplement la compagnie des tramways qui, dans sa magnificence, veut électriser toute la population dijonnaise à l'oeil. Un fil souterrain passe rue du Pont des Tanneries et il a été placé dans de telles conditions que parfois ceux qui s'y hasardent peuvent se livrer malgré eux à une sarabande effrénée par suite d'une électrocution spontanée.